En attendant un jour, le décollage du marché du particulier, Mantenna a développé son activité auprès des promoteurs et cabinets d’architectes, pour la conception de bâtiments. « Nous intervenons dans le cadre des programmes HQE où l’environnement électromagnétique constitue désormais une cible (cible 12.1) », explique Georges Grandpierre.

Sur la tablette, on voit les barres du diagramme s’agiter: Elles matérialisent les différentes sollicitations d’énergie dans le bâtiment. Onde par onde, une barre du diagramme pour chacune : Wi-Fi, DECT (téléphonie fixe sans fil), FM... Ce jour-là, Georges et Emmanuel Grandpierre, le père et le fils, se sont livrés à une démonstration dans un immeuble de bureaux de l’Essonne. Verdict? Rien de bien méchant, deux ondes seulement se détachent du lot, DECT et Wi-Fi, mais restent contenues. Le tertiaire est devenu le cœur de clientèle de Mantenna.
Mantenna évolue sur un marché du contrôle des ondes électromagnétiques encore confidentiel, mais en quête d’un cadre réglementaire plus étoffé.
Le rapport va donc au-delà de la seule conformité, quitte à défricher la littérature scientifique dédiée au sujet qui précède souvent les réglementations. « Dans nos rapports d’expertise, nous avons ajouté la notion de zones de prudence basées sur la recherche scientifique sans cesse en évolution. » Après tout, la problématique des ondes est si récente (l’explosion des ondes remonte au développement du téléphone mobile, à la fin des années 1990), que l’on manque nécessairement de recul sur leurs effets sanitaires. Et entre seuil réglementaire, et seuil de prudence préconisé par les chercheurs, la différence peut se révéler abyssale. Quand le seuil réglementaire est fixé à 1 000 milligauss pour le champ magnétique, la zone de prudence elle, est 250 fois inférieure !
   TRAQUEURS D'ONDES
Article écrit par Mr Christophe Demay
Publié dans le magazine DIMAG N° 65 - MAI - JUIN 2015 - 20

Connectivité optimisée
Ils le reconnaissent, le marché demeure à ce jour confidentiel. Après six ans d’existence, l’entreprise qui emploie trois temps pleins (et deux-trois intervenants supplémentaires pour absorber les pics d’activité) a réalisé 80 000 euros de CA en 2014, en intervenant sur toute la France. Mais les Grandpierre, père et fils, croient au potentiel de ce marché.
Car ici comme dans d’autres secteurs environnementaux,la réglementation reste embryonnaire et appelée à s’étoffer dans les années à venir. La fort modeste loi du 9 février dernier (*) plaide sans doute en ce sens.

Georges Grandpierre évoque d’ailleurs une directive européenne 2013/35/UE de juin 2013 accordant trois ans à la France pour la traduire dans le droit français, et l’appliquer. Autrement dit, avant le 1er juillet 2016. Cette directive oblige à une évaluation des niveaux d’exposition, la mise en place des dispositions visant à éviter ou à réduire les risques, l’information et la formation des travailleurs. Elle introduit également des modifications sur les valeurs limites d’expositions et les valeurs déclenchant l’action de prévention. Mantenna voit dans cette directive, un nouveau socle pour se développer.

(*) Loi n° 2015-136 du 9 février relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques.
(**) Directive 2013/35/UE du 26 juin 2013 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (champs électromagnétiques).
Beaucoup d’entreprises ont tendance ainsi à sur-dimensionner inutilement leurs installations. La prestation consiste donc à optimiser la connectivité et elle apparaît d’autant plus pertinente, qu’elle répond à un des autres gros clients de l’entreprise, les CHSCT. Georges et Emmanuel Grandpierre évoquent ainsi des grands noms de sociétés où il leur a été demandé d’intervenir pour apaiser les inquiétudes de salariés, quitte à apporter des solutions en cas d’ondes fâcheuses.

Se définissant comme « bureau d’études », Mantenna s’efforce de dépasser le diagnostic et la simple mesure. En guise d’exemple, le père et le fils montrent leurs rapports, complets et guidés par le même souci du conseil. Explications de Georges Grandpierre : « En matière d’ondes électromagnétiques, les seuils réglementaires sont aujourd’hui si élevés que s’assurer de la conformité, ne signifie rien ».

« Avant la construction, nous tentons ainsi de prédire l’environnement électromagnétique dans lequel les gens vont travailler ou habiter », renchérit Emmanuel. Leur diagnostic passe alors par une étude sur plans pour identifier les passages de réseaux, puis des mesures sur les lieux avant la construction pour établir l’environnement électromagnétique initial. Elle pourra aller plus loin encore, en estimant l’environnement magnétique futur : voir les ondes dégagées par le passage d’un câble à tel endroit par exemple, ou mieux encore, réfléchir à la disposition des bornes relais (pour la téléphonie mobile) ou les bornes Wi-Fi au sein d’un bâtiment.

L’entreprise planche d’ailleurs sur une nouvelle prestation centrée sur la connectivité. « Nous ne sommes pas là pour dire qu’il faut tout couper : le monde de l’entreprise a besoin de connexions. Mais sans nuire à la connectivité, il est souvent possible d’abaisser les émissions d’ondes », résume Georges Grandpierre.
Les ondes ont commencé à se frayer un chemin dans les esprits. Oui, les ondes électromagnétiques, de celles qui ont envahi notre quotidien, peuvent avoir des effets néfastes sur la santé, même si on ignore vraiment dans quelles proportions au juste.

Au sud de Paris, la PME familiale, Mantenna Expertise, s’est fait une spécialité de la mesure des ondes électromagnétiques.